La fiscalité canadienne et québécoise est complexe, je l'avoue. Pourtant, nous devons tous faire notre déclaration d'impôts. Pourquoi ne pas en connaitre les bases pour mieux comprendre le fameux remboursement ou paiement d'impôts que nous avons à faire à chaque année?
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C'est quoi le fameux avis de cotisation? Vous en recevez tous un et pourtant, beaucoup ne savent même pas c'est quoi. Ce document renferme néanmoins de nombreuses informations pertinentes.
Déductions, revenu imposable, crédit d'impôts, taux d'impôt...le calcul du fameux remboursement ou du solde à payer est plutôt complexe, mais je tenterai de le simplifier le plus possible.
Notre système fiscal est basé sur des taux à paliers. Or, plusieurs pensent que de passer d'un palier à l'autre leur fera payer beaucoup plus d'impôt, alors que ce n'est pas nécessairement le cas.
Vous recevez deux avis de cotisation : un au fédéral et un au provincial. Si vous n'êtes pas abonnés au relevé électronique, vous le recevrez par la poste. Il est important de les consulter, car il confirme ce qui a été reçu et traité par le gouvernement concernant votre déclaration fiscale. En effet, le gouvernement peut parfois apporter des changements à votre déclaration selon les informations qu'il détient. Les changements effectués sont toujours expliqués dans la section 'Explication des changements' qui suit le sommaire de l'avis .
Les avis de cotisation contiennent aussi des informations pertinentes. Au fédéral, voici les informations que nous pouvons retrouver :
Tout comme l'avis fédéral, l'avis provincial vient confirmer ce qui a été déclaré au niveau fiscal ainsi que les changements apportés si applicable. Ce que j'aime de l'avis provincial, c'est le sommaire plus détaillé que celui du fédéral. En effet, la section 'Détail des calculs' est divisée en 3 colonnes : les lignes de la déclaration, les montants déclarés et les montants établis. Les montants déclarés sont ceux que votre comptable a transmis au gouvernement. Les montants établis sont ceux que le gouvernement a établi. Si les deux colonnes sont identiques, cela signifie que votre déclaration a été acceptée telle quelle. Si le gouvernement a apporté des changements, vous verrez le montant qu'il a déterminé dans la dernière colonne.
La structure fiscale comporte plusieurs notions qui peuvent être confondantes, comme par exemple crédits vs déductions, revenu net vs revenu imposable. Avant de regarder le calcul de l'impôt, éclaircissons chacune des notions du calcul indépendamment.
La première section de votre déclaration consiste à calculer le total de vos différents revenus. Si vous êtes employés, vous aurez un revenu d'emploi. Si vous êtes un travailleur autonome, vous aurez du revenu de travail indépendant. Si vous êtes à la retraite, vous aurez du revenu de pension de diverses sources (RRQ, prestation de sécurité de vieillesse, fonds de pension d'un ancien employeur).
Vous pourriez également avoir d'autres sources de revenu : du chômage, du régime québécois d'assurance parentale (RQAP), de différents placements, de votre REER si vous en avez retiré. Parlant de placements, vous devez intégrer à votre revenu total les intérêts gagnés sur certains placements notamment, mais aussi le gain en capital. Quelle est la différence?
Lorsque votre compte épargne génère des intérêts à chaque mois, vous générez du revenu d'intérêts. Votre banque vous envoie alors à chaque année un T5 (fédéral) et un relevé 3 (provincial) pour faire le total des intérêts encaissés.
Si vous investissez dans un placement non enregistré (c'est-à-dire autre qu'un REER, un REEE, un CELI ou un CELIAPP), vous allez générer un gain ou une perte en capital lorsque vous vendrez votre placement. Vous ne recevez donc pas un relevé annuellement, mais seulement dans l'année où le placement a été vendu.
Une déduction fiscale est un montant accordé selon votre situation et qui vient diminuer votre revenu net. En somme, il s'agit du calcul suivant :
revenu total - déductions = revenu net.
Les déductions que nous voyons le plus sont les suivantes : déduction pour cotisations au REER et/ou RPA (régime de pension agréé), frais de garde, cotisations syndicales et professionnelles. Mais il y en a plusieurs autres!
Voilà pourquoi cotiser à votre REER vous donne, dans ma plupart des cas, un remboursement d'impôt. C'est parce que le fait de cotiser à votre REER vient diminuer le revenu sur lequel vous serez imposé. Un revenu plus faible équivaut à payer moins d'impôt, mais comme l'impôt a déjà été retenu à même votre salaire, vous récupérez ce que vous aurez 'trop payé'.
Le crédit d'impôt non remboursable est ce qui vient diminuer l'impôt à payer. Parmi les nombreux crédits disponibles, il y a toujours le montant de base (15 705$ en 2024). Voilà pourquoi nous entendons souvent dire que nous ne payons pas d'impôts sur le premier 15K$. C'est grâce à ce crédit.
Parmi les autres crédits, notons les plus fréquents :
Après avoir fait le total de tous les crédits, un 15% est appliqué, soit le taux d'imposition du premier palier fédéral.
Nous avons évoqué le gain en capital, mais si vous vendez un placement à un montant plus faible que vous l'avez acheté, vous réalisez une perte en capital. Une perte peut être appliqué sur votre déclaration seulement si vous avez du gain en capital. Autrement, le montant peut être reporté 3 ans en arrière ou ultérieurement, dans l'année de votre choix.
Rappelons nous que le revenu total moins les déductions donne le revenu net. Or, après avoir appliqué les pertes en capital (toujours si du gain est déclaré), nous obtenons le revenu imposable. D'autres déductions peuvent venir entrer en ligne de compte, mais la principale est la perte en capital.
J'expliquerai sous peu les différents paliers d'imposition, mais sachez que le taux d'imposition est appliqué sur le revenu imposable.
Du montant calculé seront déduits les crédits d'impôt, puis l'impôt déjà retenu sur vos différents revenus.
Regardons à présent, comment le calcul s'effectue. Je sépare le tout en 2 grandes sections.
La première est le calcul du revenu imposable, soit le revenu sur lequel l'impôt sera calculé.
Revenus totaux
- Déductions
= Revenu net
- Pertes en capital
= Revenu imposable
Ensuite, à partir du revenu imposable, nous calculons la seconde partie, soit l'impôt à payer.
Revenu imposable
x Taux d'imposition
= Impôt fédéral sur le revenu imposable
- Crédits d'impôt fédéraux non remboursables
= Impôt fédéral net
- Impôts déjà retenus
= Remboursement ou solde dû
Afin d'illustrer mieux le tout, pourquoi ne pas faire un exemple chiffré!
Dans l'image précédente, nous voyons la première partie de la déclaration de L.D. En effet, L.D. a généré un revenu d'emploi de 70K$, en plus d'avoir touché des intérêts, du RQAP ainsi qu'un gain en capital. Son revenu total s'élève à 78K$.
Viennent ensuite les déductions. L.D. a cotisé à son REER à hauteur de 8K$. Elle a également des cotisations syndicales et des frais de garde. Ses déductions totalisent 11,5K$. Son revenu net est donc de 66,5K$, soit le 78K$ réduit du 11,5K$.
Étant donné que L.D. a déclaré un gain en capital, elle peut déduire sa perte en capital de 1K$. Son revenu imposable est donc de 65,5K$, soit son revenu net de 66,5K$ diminué de la perte.
L'impôt sera donc calculé à partir de ce revenu, soit le 65 500$.
Selon son revenu imposable de 65,5K$ et les paliers d'imposition fédéral, l'impôt de L.D. s'élève à 10 307$. Il faut toutefois enlever de ce montant les crédits d'impôt non remboursables fédéraux. En plus des crédits de base, pour les cotisations salariales et pour emploi, L.D. peut déduire ses frais de scolarité, ses intérêts sur prêt étudiant ainsi que ses frais médicaux. Le total de ses crédit est de 22 642$. À cela s'applique 15%, ce qui donne 3 396$. Ce montant vient donc réduire le fameux 10 307$ pour donner 6 910$, soit l'impôt fédéral à payer. Or, un montant de 9K$ a déjà été retenu sur la paie de L.D., ce qui lui donne un remboursement de 2 090$.
Si L.D. n'avait pas cotisé à son REER, son remboursement n'aurait été que de 490$. Elle va donc chercher 1,6K$ supplémentaire, soit l'impôt qu'elle avait déjà payé sur son revenu, revenu qu'elle a placé dans son REER.
Le Québec est la seule province canadienne à avoir une déclaration fiscale distincte. Bien que la structure du calcul est sensiblement la même, il existe des différences notables.
Notons que les frais de garde par exemple ont un traitement fiscal bien différent au provincial qu'au fédéral. Tel que mentionné, au fédéral, les frais de garde sont une déduction. Au provincial, les frais de garde sont plus un crédit d'impôt remboursable. Pour les frais de déménagement et le montant pour emploi, c'est le contraire : un crédit au fédéral et une déduction au provincial.
Normalement, un crédit d'impôt est non remboursable, dans le sens où, si votre revenu était plus faible que la valeur total des crédits, votre revenu ne devient pas négatif, mais tout simplement à zéro. Les crédits d'impôt remboursables sont donc à la fin de votre déclaration, après que le remboursement ou solde à payer ait été déterminé. Si vous aviez donc un remboursement de 2K$ et que vous avez un crédit de frais de garde au provincial de 800$, vous aurez alors un remboursement de 2,8K$.
Autre différence au niveau des frais de garde, c'est qu'au provincial, les frais payés pour une garderie subventionnée ou un CPE ne sont pas déductibles. Aussi, le crédit n'est qu'un pourcentage des frais payés selon votre revenu. En bref, le traitement des frais de garde est bien différent entre le fédéral et le provincial.
Il existe de nombreuses autres différentes, comme les crédits non remboursables du Bouclier fiscal et de la prime au travail qui sont disponibles seulement sur la déclaration provinciale. Bon, vous me direz qu'il existe l'allocation canadienne pour travailleur sur la déclaration fédéral, mais encore là, les calculs sont différents. Bien qu'il y ait plusieurs autres particularités, la base du calcul reste la même. Et dans le contexte d'une petite leçon fiscale, c'est déjà bien assez!
Notre fiscal fiscal utilise un taux d'imposition selon différents paliers.
Au fédéral, voici les paliers pour l'année fiscale 2024 :
Au provincial, il n'y a que 4 paliers pour l'année 2024 :
Est-ce que de passer d'un palier à l'autre engendre une hausse drastique de vos impôts? Non ! Et voici pourquoi. Supposons que L.D. avait un revenu imposable de 51K$ et qu'elle a une hausse de revenus de 5K$, la faisant passer à 56K$, voyons voir la différence d'impôt à payer.
Avec un revenu imposable de 51K$, L.D. aurait 7 650$ d'impôt fédéral à payer (51K$ x 15%). Suite à son augmentation, cet impôt s'élèverait à 8 407$, soit 757$ de plus pour un augmentation de revenus de 6K$.
Ce qui est important à retenir, c'est que les paliers sont distincts les uns des autres, dans le sens où les premiers 55 867$ seront toujours imposés à 15% au fédéral. En faisant 56K$ de revenus, seulement 133$ sont imposés à 20,5%. Ce principe est le même au provincial.
Qu'est-ce qu'un placement enregistré? Il s'agit simplement d'un placement enregistré auprès de l'Agence du revenu du Canada (ARC) afin d'obtenir des économies d'impôts. Au Canada, il existe 5 comptes d'épargne enregistrés : le compte d’épargne libre d’impôt (CELI), le régime enregistré d’épargne-retraite (REER), le régime enregistré d’épargne-études (REEE), le régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI) et depuis peu, le compte d'épargne libre d'impôt pour l'achat d'une première propriété (CELIAPP). Regardons chacun d'eux.
Le CELI a été créé en 2009 dans le but d'aider les Canadiens à épargner plus. Les épargnants économisent de l'impôt avec ce véhicule fiscal, puisque les cotisations et les retraits n'affectent pas la déclaration fiscale. En effet, les revenus générés dans un CELI sont à l'abri de l'impôt.
Créé en 1957, le REER a pour principal but d'économiser pour la retraite à l'abri de l'impôt. Les cotisations représentent une déduction sur la déclaration fiscale alors que les retraits représentent un revenu. Dans un monde idéal, il faudrait cotiser à son REER alors que notre revenu est élevé et il faudrait le retirer à un revenu plus faible pour ainsi obtenir une déduction à un haut taux d'imposition et un retrait imposé à un plus faible taux.
Si vous avez des enfants, vous devez avoir un REEE. Non seulement vous obtenez les subventions gouvernementales (minimum 20% au fédéral et minimum 10% au provincial pour un maximum de 750$ par année), mais les revenus générés dans votre placement sont imposés dans la déclaration du bénéficiaire, soit votre enfant qui devrait avoir un revenu plutôt faible puisqu'il serait aux études au moment du retrait.
Ce véhicule est spécifique aux personnes approuvées à recevoir le crédit d'impôt pour personnes handicapées. Il aide les cotisants à épargner à long terme, puisque les cotisations et les retraits du REEI ne sont pas incluses dans la déclaration fiscale. Les revenus de placements et les subventions gouvernementales en lien avec le REEI sont toutefois imposables.
Nouveau véhicule créé en 2023, il a pour but d'aider les acheteurs d'une première propriété a accumulé une mise de fonds. Il est un peu un hybride entre le CELI et le REER (et même le RAP, régime d'accès à la propriété), car ses cotisations sont déductibles et ses retraits sont non imposables sous certaines conditions (notamment celle de vouloir acheter une première propriété).
Tout autre véhicule de placement est non enregistré, c'est-à-dire que le revenu généré, que ce soit un revenu de placement ou un gain en capital, sera imposé.
Peu importe le type de placement, vous pouvez décider de l'investir dans un placement enregistré ou non. Le véhicule fiscal vient déterminer comment les revenus ou les gains générés dans le placement seront considérés (ou non) dans la déclaration fiscale de l'épargnant.
Il existe toutes sortes de placements : actions, biens immobiliers, CPG (certificat de placement garanti), fonds communs de placement en sont des exemples.
Revenons à notre Lily D'Astous ! L.D. veut investir 5K$ dans des actions d'un entreprise X. Elle décide d'en acheter grâce à son CELI. Sa cotisation n'a pas à être incluse dans sa déclaration fiscale.
Trois ans plus tard, L.D. décide de vendre ses actions et encaisse 8K$. Ni son capital de base (5K$), ni son gain de 3K$ ne sont à inclure dans sa déclaration. En plus, L.D. pourra à nouveau cotiser ce 8K$ à partir de l'année suivant le retrait, se créant ainsi de nouveaux droits de cotisation grâce à son gain.
Pour sa retraite, L.D. est plus frileuse et préfère investir dans un CPG. Elle ouvre un REER et y dépose 10K$. Ce capital sera garanti et elle pourra le retirer dans 5 ans seulement. Au niveau fiscal, L.D. pourra déduire 10K$ de son revenu. Dans 5 ans, au moment du retrait, L.D. sera imposé du montant retiré (à moins qu'elle décide de le transférer dans un autre placement qui sera aussi enregistré comme un REER).
Prenons pour acquis que L.D. a plafonné ses cotisations au CELI et au REER (car autrement, il serait peu envisageable d'investir dans un placement non enregistré). Elle désire investir 10K$ dans un fonds commun de placement via un compte épargne non enregistré. Au moment de la cotisation, il n'y a pas d'impact fiscal. C'est seulement au retrait de l'investissement (supposons qu'elle en retire 12K$) que L.D. sera imposé. En effet, le gain de 2K$ sera inclus à 50% à ses revenus; L.D. ajoutera donc 1K$ en gain en capital à sa déclaration, ce qui fera augmenter ses revenus totaux.
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